Chez Jean Paul Gaultier, l’impertinence fait loi. Pour sa première campagne de prêt‑à‑porter en tant que directeur artistique, Duran Lantink choisit de ne pas lisser les angles. Il préfère renouer avec ce qui a toujours fait la force de la Maison : un glamour qui frôle le théâtre, une joie, un goût pour les silhouettes. La campagne SS26 est simplement baptisée Junior.

Un retour aux années 1980, sans la nostalgie
Lantink ne cite pas les années 1980. Il préfère jouer les interprètes libres. Le titre Junior évoque cette décennie où Gaultier s’amusait des codes, des genres, des corps, avec une liberté qui a marqué la mode. Autant dire que l’hommage est ici bien vivace.

Les images, capturées par Inez & Vinoodh — duo mythique dont le regard a façonné quatre décennies de mode — donnent le ton : contrastes, attitudes, énergie. On y retrouve cette tension propre à Gaultier, entre sophistication et insolence, entre couture et culture pop.

Des silhouettes qui renouent avec les codes fondateurs
Dans les pièces mises en avant, trois codes dominent : la marinière, étirée, déformée, presque liquide. Puis, le trompe‑l’œil, signature maison, utilisé ici comme un clin d’œil technique. Sans oublier le tattoo mesh, seconde peau iconique, qui retrouve une nouvelle lecture sous son œil.

Les silhouettes, portées par Leon Dame, Signe Michaelsson, Emaan Zishan et Marte Mei Van Haaster, jouent sur l’allongement, la verticalité, la provocation subtile. On sent la patte Lantink, avec un travail de mise en scène du corps, tout en lui donnant vie.

Une campagne comme acte de repositionnement
La présentation de la collection SS26 avait suscité des réactions contrastées. Sans surprise, puisque reprendre une maison aussi chargée d’histoire implique d’assumer les valeurs, parfois la friction. Junior montre néanmoins un Lantink qui ne cherche pas à s’imposer contre Gaultier, mais avec lui.

Les images respirent l’esprit maison : le jeu, le clin d’œil, la théâtralité légère. Cette capacité à sourire sans perdre en minutie. Lantink cherche à retrouver ce plaisir du vêtement qui fait sourire, qui surprend, qui raconte un bout de vie. Une mode qui ne s’excuse pas d’être expressive.

Si cette campagne marque un tournant, c’est parce qu’elle réinstalle la Maison dans ce qu’elle sait faire de mieux : créer des images qui vivent, qui respirent, qui donnent envie de suivre la suite. Et si l’on en croit cette première proposition, la suite pourrait bien être passionnante.

Collaboration presse officielle

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Posted by:Demona Lauren

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